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RÉALISONS UN HERBIER
Par Andrea Tarozzi, février1996
Traduit par Sylvie A. Moisan, mai 2007

 


TABLE DES MATIÈRES

Chercher les plantes: où et quand?
Les espèces indigènes et les espèces introduites
Les outils
La récolte des plantes
La prise de données
La photographie
Les espèces protégées
L'identification et la classification à la maison
Les livres
La comparaison entre tes échantillons et ceux retrouvés dans les livres
Le séchage
La préparation des plantes pour l'herbier
Les traitements spéciaux
Le montage des échantillons sur papier
La disposition
Le papier
Les petites enveloppes
Le montage
Les étiquettes
L'organisation de l'herbier
La récolte de d'autres groupes de plantes
Les Ptéridophytes
Les Bryophytes
Les champignons et les lichens
Les collections spéciales
L'origine des herbiers
Les références

 


CHERCHER LES PLANTES: OÙ ET QUAND?

Presque tous les milieux naturels conviennent à la récolte des plantes pour un herbier, c'est pourquoi tu ne dois pas négliger les endroits qui t'apparaissent stériles et secs. Même à la ville il est possible de trouver des plantes, assure-toi par contre, de ne pas cueillir tes échantillons dans les parcs ou dans les jardins ! Au début, tu pourras compter sur la richesse des fleurs et des plantes qui vivent dans les pâturages ou dans les prairies. Par contre, tu te rendras vite compte comment il est simple de trouver des échantillons intéressants au cours de tes randonnées à la montagne, près des marécages, sur la côte, dans les bois, et ce, à tout moment où le climat et la température ne sont pas trop extrêmes pour la survie des plantes.

Chez tous les échantillons cueillis, la fleur est la partie la plus importante, ainsi le printemps et l’été s’avèrent les meilleures saisons pour la récolte. Souviens-toi toutefois que certaines espèces fleurissent en automne, voire même en hiver, alors n’hésite pas à partir en excursion durant les mois plus froids. Tu verras dans des livres que certaines plantes ont une très courte période de floraison, tu dois donc tenter de les attraper à ce moment là!
Les meilleurs échantillons sont ceux qui te sont assez secs et qui n’ont pas de trace d’humidité à leur surface. Ainsi, il est préférable d’éviter de partir à la recherche des échantillons les jours pluvieux ou encore tôt le matin. Les heures les plus chaudes des jours d’été doivent aussi être évitées car les plantes ne se montreraient pas sous leur plus fraîche apparence.


LES ESPÈCES INDIGÈNES ET LES ESPÈCES INTRODUITES

Habituellement, un herbier de valeur scientifique, est constitué de plantes qui poussent d’une façon naturelle dans une région géographique donnée. Il est donc important de connaître la différence entre les espèces indigènes, qui sont celles que tu désires, et celles qui ont poussé à la suite de l’intervention humaine, comme c’est le cas des fleurs de jardin et des plantes cultivées. En revanche, il est vrai qu’une espèce de plantes introduites par l’humain peut aussi pousser spontanément à l’extérieur de son milieu artificiel. C’est ainsi que des plantes peuvent devenir de nouveaux éléments de la flore spontanée et par le fait même faire partie d’un herbier. Au cours de tes excursions, tu verras qu’il n’est pas toujours facile de distinguer les plantes introduites de celles qui sont devenues des plantes sauvages. Nous te suggérons alors d’observer les jardins à proximité ou les champs de culture avoisinants à partir desquels une plante en particulier pourrait avoir migré sans pour autant avoir acquis un niveau de spontanéité.

LES OUTILS

Certains outils sont particulièrement importants pour la cueillette de plantes pour ton herbier: un petit couteau, des ciseaux, des gants résistants aux épines et une petite palette à main. Les échantillons récoltés devront être mis dans un solide sac en tissu ou en plastique. La fonction de ces conteneurs est de protéger les plantes contre tout dommage qui pourrait advenir au cours de ta randonnée. Si ton excursion a lieu en été ou encore si elle se poursuit pour deux jours ou plus, il est préférable d’apporter un fichier de 45 x 30 cm approximativement. Ce fichier doit être fabriqué de carton ou d'un matériel solide comme l’aluminium et il doit contenir de vieux journaux (plus tu cueilleras de plantes plus tu auras besoin de papier journal). Le fichier peut être recouvert de tissus et devrait être fermé par des courroies ou des ceintures et être muni d'une poignée ou encore d'une bandoulière pour en faciliter le transport (Figure1 et 2).

Les échantillons récoltés doivent être déposés dans le fichier entre quelques couches de papier de façon à ce que chaque plante ait du papier des deux côtés. Le fichier fermé, ne doit pas trop serrer les échantillons entre les feuilles de papier journal. Si les plantes sont charnues, tu auras besoin de plus de papier journal et tu pourras aussi ajouter du papier cartonné supplémentaire. Les petites plantes délicates devraient être placées dans des sacs plus petits. Tu peux aussi apporter un sac étanche à l’eau pour transporter les plantes aquatiques et il servira aussi à couvrir le fichier en cas de pluie.

Le fichier peut-être fait de différentes façons, par exemple, deux panneaux de contreplaqué contenant des journaux, les panneaux peuvent être gardés ensemble par de larges courroies de caoutchouc ou par des cordes. Tu peux aussi utiliser du papier buvard à la place du papier journal, mais ce dernier est plus économique puisque tu n'as pas à l'acheter seulement pour ton herbier.


LA RÉCOLTE DES PLANTES

Les plantes à récolter devraient être fraîches et non humides (à l’exception des plantes qui vivent dans un milieu aquatique bien entendu !), alors évite les plantes vieillies ou endommagées, pourvu que tu puisses trouver d'autres échantillons frais de la même sorte.
Si tu désires que ton herbier ait une valeur scientifique, il est important que chaque plante correspond à une description écrite du lieu et de la date de la cueillette et des caractéristiques du terrain. Alors, lorsque tu pars à la recherche de plantes tu dois soit te rappeler de l’endroit où tu as trouvé chaque échantillon soit ajouter une étiquette avec l’information écrite pour certains des échantillons ou même pour chacun d’entre eux.
Quand tu cueilles des plantes de leur environnement naturel, souviens-toi que tu devras traiter chacune d’entre elles une fois rendu à la maison et aussi en faire la classification pour que ton herbier puisse avoir une certaine valeur scientifique. Aussi, ces manipulations demandent beaucoup de temps, alors il préférable de ne pas cueillir plus d’échantillons que ceux que tu auras le temps de préparer et d’étudier. Au moment de la classification, tu auras besoin de sectionner et même littéralement de détacher des fleurs pour les identifier. Alors ne cueille pas seulement une ou deux fleurs de chaque espèce car tu te verras forcé de soit sacrifier toutes tes fleurs lors de la classification soit de ne pas la faire du tout.

Souviens-toi aussi, qu’il n’est pas toujours possible d’identifier correctement les plantes si tu n’as pas certaines parties, comme les graines et les racines. Alors veille à les prendre au moment de la cueillette. Apporte avec toi de petits sacs ou des enveloppes pour y mettre des graines ou d’autres petites parties détachées, mais ne mélange pas les graines des différentes plantes entre elles! Quelques fois les graines sont nécessaires pour parvenir à une bonne identification, mais il est possible qu’au cours de ton excursion que tu cueilles la plante alors que ces graines ne sont pas encore formées, dans ce cas il est préférable de revenir au même endroit quelques semaines plus tard en espérant y trouver des graines nouvellement formées. Autrement, si tu ne trouves pas de graines tu devras alors te fier sur des livres ou demander l’aide d’un spécialiste pour résoudre ton problème taxonomique. Ce type d'inconvénient peut aussi subvenir dans le cas des espèces qui fleurissent avant que les feuilles ne soient formées, ou encore dans d’autres situations semblables.

En fait, certaines plantes herbacées sont trop volumineuses pour l’herbier de taille moyenne, alors tu récolteras en général que quelques branches ou encore que quelques feuilles par échantillon. D’une manière ou d’une autre, tu dois prendre garde de ne pas oublier certaines parties importantes qui pourraient passer inaperçues au premier abord. Par exemple, certaines plantes ont des feuilles différentes selon leur localisation sur la tige principale, et tu pourrais par mégarde prendre qu’une seule sorte de ces feuilles. Une fois à la maison tu te retrouveras alors avec un échantillon incomplet et il sera très difficile de classifier une plante qui lui manque une ou plusieurs caractéristiques importantes.

Certaines plantes sont munies de fleurs qui ont une courte durée de vie, qui sont déliquescentes et qui tomberont en morceaux à moins qu’elles ne soient cueillies tôt le matin et mises sous presse immédiatement dans le fichier que tu dois avoir avec toi lors de ton excursion. Avant de mettre tes échantillons dans le sac ou dans le fichier tu dois délicatement enlever tous les insectes, les fils d’araignées ou les autres particules étrangères de ton échantillon.


LA PRISE DE DONNÉES

Tu peux doter ton herbier de données écrites qui peuvent en fait, augmenter la connaissance de la botanique de certaines régions géographiques. C’est pourquoi, c’est une bonne idée de noter différents détails à propos des échantillons que tu as cueillis, ces notes serviront non seulement à l’identification des échantillons, mais elles peuvent aussi être comparées et ajoutées à la connaissance de la botanique actuelle. Tu peux les noter dans un carnet ou encore un magnétophone, quelques cassettes et des piles te rendront la tâche encore plus facile. Voici une liste des renseignements que tu peux compiler pour ajouter des renseignements à ton herbier :
· Le lieu: sois précis, si possible indique la longitude et la latitude et ajoute un croquis si nécessaire.
· L'habitat et l'écologie: note les caractéristiques du terrain, le type de végétation, et l’association avec les autres plantes.
· L’aspect de la plante: décris la grandeur et la forme de la plante en général (arbre, arbuste, épiphyte, etc.).
· Les tiges et troncs: note la hauteur et le diamètre, la couleur, la texture, l’épaisseur et la dureté, la présence d’épines.
· Les feuilles: caduques ou persistantes? Note la couleur, la texture et l’aspect général, l’orientation, la présence d’exsudats ou de glandes.
· L'inflorescence et les fleurs: prends note de tout ce qui ne sera plus apparent chez les échantillons préparés; la couleur, hétérostylés, monoïques or dioïques, le comportement diurne (ouvert/fermé), l'exsudat ou les glandes, les pollinisateurs.
· Les fruits et les graines: note la grandeur, la forme, la couleur, la texture et l’odeur.
· Les organes souterrains: prends des échantillons ou décris-les (la grandeur et la forme, la racine pivotante, les tubercules, les bulbes, etc.).
· L'odeur: prends note de toute odeur particulière, spécialement celles des parties coupées et des fleurs.
· La sève ou le latex: prends note de la couleur, de l’odeur, de la consistance, etc.
· Le nom : enregistre le ou les noms usuels.
· Les usages : enregistre les usages, cherche des confirmations.


LES PHOTOGRAPHIES

Ajouter des photographies de plantes dans leur environnement naturel contribuera d’une façon non négligeable à enrichir la qualité de ton herbier, non seulement d’un point de vue esthétique, mais aussi pour l’aspect scientifique. Il suffit que l’échantillon séché soit agencé avec une ou plusieurs photographies, ce qui peut s’avérer fort utile pour les plantes de grande taille comme les arbres ou les arbustes qui ne peuvent évidemment pas entrer entièrement dans l’herbier! Par ailleurs, l’habitat de la plante peut être bien illustré grâce à une photographie en prenant soin de ne pas trop s’éloigner des arbustes ou des arbres avoisinants.
L’équipement suggéré est un appareil photo 35 mm, reflex avec un objectif standard et une lentille macro, cette dernière est très utile pour capter les gros plans des fleurs ou d’autres caractéristiques spécifiques. De plus, un trépied sera pratique si plusieurs gros plans sont nécessaires puisqu’il permet à la caméra de rester bien stable. Un trépied peut aussi réduire le besoin d’un flash puisqu’il permet aussi de prendre des photographies sous une faible lumière, mais avec l’inconvénient de donner des images peu naturelles. La sensibilité des films peut varier de 64 et 100 ISO jusqu’à 200 ou 400 si tu prévois photographier en forêt.
Chaque photographie que tu prendras devra être enregistrée dans le carnet pour te donner plus de renseignements au moment de la classification et pour te rappeler de l’inclure dans l’herbier. Prends garde de ne pas endommager ton appareil et le film par des manipulations brusques ou par contact avec l’humidité.


LES ESPÈCES PROTÉGÉES

Comme c’est le cas pour les animaux, certaines espèces de plantes sont protégées par la loi, il ne serait donc pas très rusé de les prélever de leur environnement. Dans certaines zones, comme dans les parcs il existe même des règlements qui interdisent la cueillette de plantes, c’est pourquoi tu dois bien te renseigner à ce propos avant de partir à la cueillette dans ces endroits. Aussi, d’autres plantes rares sont protégées dans tout un territoire d’une région ou d’un district, il est donc de ta responsabilité de te procurer la liste des plantes protégées.
En revanche, il est parfois possible que tu puisses obtenir l’autorisation de cueillir quelques plantes protégées, mais pour cela tu dois faire des démarches auprès des organismes responsables. Une autre solution serait de remplacer les échantillons des espèces protégées par des photographies. D'une manière ou d'une autre, il est préférable de ne jamais cueillir un trop grand nombre d’échantillons de la même plante, surtout si tu n’en vois pas plusieurs autres aux alentours. En fait, il s’agit de récolter uniquement le nombre de plantes dont tu as besoin pour la classification et pour ta collection.


L'IDENTIFICATION ET LA CLASSIFICATION À LA MAISON

Monter un herbier peut être un ouvrage d'une importance scientifique remarquable puisque tu contribueras ainsi à la connaissance de la population végétale des lieux que tu auras explorés à la recherche de plantes. Parfois tu pourras découvrir une nouvelle sorte de plantes (c'est-à-dire une sous-espèce ou une forme endémique typique à une région particulière) et tes données seront ajoutées aux connaissances courantes en botanique. D'une manière ou d'une autre, toute collection sérieuse doit identifier chaque échantillon avec son nom taxonomique exact ainsi qu'avec la date et le lieu de la récolte. Le nom que tu donneras aux plantes récoltées sera leur nom scientifique. En fait, il s'agit du nom latin qui permet l'identification sans équivoque de ton échantillon.


LES LIVRES

Plusieurs livres traitent de la classification des plantes, certains sont très complets et explicatifs tandis que d’autres sont des manuels qui se concentrent sur un groupe de plantes en particulier (par ex. celles en provenance d’une certaine aire géographique ou d’un type précis d’habitat), d’autres encore renseignent le lecteur sur tous les types de plantes avec peu ou pas de restriction, mais ils ne peuvent pas traiter de l’ensemble des espèces que tu peux trouver au cours de tes déplacements. Pour vraiment acquérir l’habileté à classer chaque plante que tu cueilleras tu auras besoin d’un des livres qui décrit l’ensemble des espèces des plantes de la région qui t’intéresse (et avec un peu de chances les sous-espèces aussi). Ce type de livre est habituellement illustré de photographies en noir et blanc ou de croquis qui mettent l’accent sur les parties de la plante (fruits, fleurs, racine, etc.) ce qui peut aider celui qui tente d’identifier les plantes. Tu peux, bien entendu acheté d’autres livres qui sont plus détaillés avec des photographies en couleurs des espèces les plus répandues.


COMPARAISON ENTRE LES ÉCHANTILLONS ET CEUX DANS LES LIVRES

À cette étape, puisque tu dois examiner très attentivement des parties des plantes qui s'avèrent très petites et complexes tel que les composantes internes ou les petites graines, tu auras besoin d'instruments importants tel qu'une loupe, des petites pinces et des cisailles.
Aussi, il est important d'essayer de terminer l'étape de la classification avant que la plante commence à se flétrir. En fait, pour comparer tes échantillons à la description dans les livres, tu dois avoir en mains des échantillons frais autrement tu auras de la difficulté à faire l'identification et tu cours même le risque de faire erreur. En passant, si certaines plantes semblent déjà flétries à ton retour à la maison, tu peux les mettre dans un vase ou dans une bouteille en laissant les racines (ou le bout de la tige) dans l'eau. De plus, des éléments peuvent être ajoutés à l'eau pour aider les plantes à se régénérées, par exemple, un morceau de fer rouillé, de charbon de bois ou encore une cuillérée à soupe de nitrate de sodium. Ainsi, après une journée tu auras de bons spécimens à étudier et à sécher. Si certaines fleurs tombent après la récolte, de nouvelles fleurs écloront dans l'éventualité où il y a des bourgeons sur la plante.
Néanmoins, à l'occasion tu découvriras que tu n'auras pas d'autres choix que de te renseigner auprès de collectionneurs ayant plus d'expérience que toi, même si tu récoltes toutes les parties nécessaires et que tu as fait de ton mieux en consultant les livres de référence!

LE SÉCHAGE

Une fois que tu as trouvé le nom de la plante, tu dois sans tarder procéder au séchage. Souviens-toi de travailler dans une pièce sèche et bien ventilée en évitant toute l’humidité qui pourrait endommager tes échantillons. Les fleurs et d'autres parties de plantes doivent être séchées dans un type particulier de presse. À cette fin, il n’est pas difficile de construire une presse maison, il faut toutefois garder à l’idée qu’il faut maintenir les échantillons bien pressés entre les couches de papier (papier journal ou papier buvard) jusqu’à ce qu’ils soient complètement vidés du contenu original d’eau, c’est alors sec. En ce qui a trait au fichier mentionné plus haut, les parties supérieures et inférieures de la presse peuvent être constituées de carton ou de contreplaqué épais ou de matériaux équivalents. Les échantillons seront placés entre les couches de papier qui à leurs tours seront pressées entre deux pièces de bois. Ces dernières doivent être tenues bien serrées en posant un objet lourd à leur surface comme des briques ou autres (Figure 3).

Il est important, que les plantes soient soumises à une pression suffisante, sinon sera nécessaire plus de temps pour atteindre une bonne dessiccation. D’autant plus que les plantes pourraient être endommagées par l'humidité ou par les moisissures. Chaque échantillon dans la presse doit être relié à sa propre fiche d’identification écrite, il est préférable de mettre une étiquette à chaque échantillon que tu attacheras avec une ficelle.
Puisque l'air circulant est primordial pour le séchage rapide des échantillons, il est mieux d'ajouter quelques feuilles de carton ondulé afin que l'air puisse pénétrer et accélérer le séchage. La tôle ondulée en aluminium est encore plus efficace que le carton. Les parties plus volumineuses peuvent être placées directement en contact avec le matériau ondulé afin d’accélérer le séchage. Si ce type de matériaux n'est pas disponible, garde la presse peu remplie. Au lieu de papier journal, certains suggèrent d'utiliser du papier buvard combiné à du papier de soie : à la base de la presse tu déposes à peu près trois couches de papier buvard et ensuite une couche de papier de soie (ou de papier-mouchoir) sur lesquelles les échantillons seront déposés, ensuite une autre couche de papier de soie et pour finir trois autres couches de papier buvard. Ainsi, plusieurs de ces strates peuvent être empilées dans une seule presse pour un bon séchage ! D'une manière ou d'une autre, tu dois t'assurer que tu possèdes assez de papier à la maison et aussi dans l’éventualité ou tu en aurais besoin pour les fichiers que tu apportes avec toi lors des longues randonnées. En ce qui a trait aux grandes quantités de papier, il est suggéré de te servir de papier journal puisqu'il est économique et courant.

Un autre modèle de presse peut être construit pour optimiser le séchage de tes plantes. Il s'agit d'une presse constituée de deux panneaux de bois avec des vis et des écrous avec ailettes disposées à chaque coin. En resserrant les écrous, les deux panneaux se rapprocheront en pressant ensemble le papier et les plantes (Figure 4). Ce type de presse peut être construit à la maison ou acheté dans un magasin de matériel d'art.
La presse devra ensuite être soumise à une source de chaleur, tout en évitant la chaleur excessive qui pourrait « cuire » les échantillons. Si la source de chaleur est un feu, la presse doit être tenue à une distance de sécurité pour éviter qu’elle s'enflamme. Il est aussi possible, dans certaines circonstances, d'utiliser la chaleur du soleil. Dans ce cas, la presse doit préférablement être de petite taille.

L'étape du changement de papier est sans aucun doute une étape bien importante qu'il ne faut pas sous-estimée, malgré le fait que cette tâche peut s'avérer assez ennuyeuse surtout si tu as de nombreux échantillons au séchage ! Au cours des trois ou quatre premiers jours le papier doit être changé quotidiennement, par la suite tu pourras laisser plus de temps entre les échanges. Si tu négliges le changement de papier, les plantes prendront plus de temps à perdre leur contenu en eau, de plus elles pourraient s'abîmer si elles restent mouillées pour quelques jours. En changeant le papier tu dois tenter de garder les échantillons intacts, tu dois aussi t'assurer de ne pas confondre les étiquettes ou les autres renseignements avec ceux des autres plantes. Le temps de séchage minimal est de deux à quatre jours ou davantage. Un seul échantillon peut avoir certaines parties déjà sèches alors que d'autres devront rester, plus longtemps dans la presse, souviens-toi seulement de ne pas confondre ou perdre des parties. Une fois que l’échantillon est devenu sec et raide, il peut alors être placé dans l'herbier.


LA PRÉPARATION DES PLANTES POUR L'HERBIER

Une des étapes des plus difficiles est de trouver la meilleure disposition des échantillons dans l'herbier. On doit porter une attention particulière à la disposition puisque lorsque tu déposes les échantillons dans la presse, ils acquerront la forme et l'apparence qu'ils conserveront après le séchage, ainsi ils seront similaires voire identiques à la forme des échantillons dans l'herbier. Des contraintes de grandeur ou d'épaisseur t'obligeront probablement à retirer certaines branches, feuilles ou groupes de fleurs ou encore tu devras les sectionner pour obtenir le meilleur échantillon à mettre sous la presse. Pour accomplir cette délicate tâche, utilise un couteau et des pinces afin de placer les fleurs de la meilleure façon possible, pour qu'elles conservent la position la plus naturelle et tous ses éléments. Au cours de cette étape, tu dois porter une attention particulière pour éviter l'élimination d'éléments pertinents en particulier ceux qui étaient déterminants lors de la classification taxonomique. Toutes les parties détachées peuvent être conservées dans des enveloppes de papier qui à leur tour peuvent être disposées sur la même feuille de montage que celle de l’échantillon. Chaque espèce devrait exposer les deux faces de ses feuilles; si tu n’as qu’une seule feuille, tu peux alors en couper une partie pour que le verso puisse être observé. Si tu as plus d'une fleur, tu peux aussi faire le montage de façon à révéler le dos de quelques-unes d'entre elles. Selon la grandeur du fichier de ton herbier tu pourras faire sécher de plus ou moins grands échantillons, par contre il est assez certain que certaines plantes seront de trop grande taille et devront être coupées ou pliées. Lorsque tu plies une tige, forme un angle droit et tente de conserver l'allure générale de la plante afin qu'elle soit la plus naturelle possible.
Lorsque tu disposes les échantillons sur les couches de papier, des plantes différentes peuvent être placées sur une même feuille, mais souviens-toi de ne pas superposer deux échantillons ou plus les uns sur les autres. Aussi, il est préférable de choisir des échantillons de la même épaisseur de façon à ce que la pression sur cette couche soit distribuée uniformément. Pour obtenir une épaisseur uniforme, lorsque des éléments plus volumineux doivent être placés sous la presse, tente {de placer des morceaux de papier près des éléments plus volumineux afin que la couche avec les plantes ait à peu près le même poids} [d'empiler sur la partie la plus mince avec plus de papier de façon à ce que la couche reçoive approximativement un poids uniforme].


LES TRAITEMENTS PARTICULIERS

Certains groupes de plantes doivent être traités d'une façon spécifique pour atteindre un bon niveau de séchage et de durabilité. Les cactus et les plantes succulentes doivent perdre leur grand pourcentage d'eau avant d'être mis au séchage. Pour ce faire, tu les recouvres de papier buvard et tu les passes rapidement sous un fer chaud. Tu répètes l'opération quelques fois en changeant chaque fois le papier buvard. Avant de procéder au traitement au fer, tu peux ramollir le cactus en l'immergeant dans de l'eau bouillante pour une durée de trente secondes, en prenant bien soin de ne pas immerger les fleurs. Ou encore au lieu de l'eau bouillante tu peux utiliser soit de l'acide acétique dilué ou un alcool fort (20 minutes) soit du formol (1,5 partie de formol pour 1 partie d'eau). Puisque la plupart des cactus sont vraiment volumineux et charnus, il est bon de conserver et de faire sécher qu'une partie de la plante entière.
Par ailleurs, au lieu de racines, certaines plantes sont dotées de tubercules ou de bulbes qui doivent être traités avant le séchage. De la même manière que pour les cactus, quelques minutes dans l'eau bouillante suffisent pour les assouplir. Souviens-toi d'immerger seulement les parties que tu dois traiter !
Des plantes possèdent quelques parties (voire toutes) qui sont à ce point volumineuses qu'il sera possible que d'en sécher une section longitudinale (par exemple la tige ou l’inflorescence). Il sera donc nécessaire d'éliminer une grande partie de la section interne et de la pulpe tout en laissant les parties externes intactes. Les conifères et les bruyères perdent en général leurs feuilles au cours de la dessiccation, pour éviter cela, il est suggéré d'utiliser du papier réchauffé grâce à quelques passages de fer chaud. Il pourrait être utile de mettre d'abord les échantillons dans de l'eau bouillante et ensuite de les sécher le plus rapidement possible. Avant de procéder au séchage, les petites branches et les feuilles peuvent être enduites d'une colle liquide universelle de type Vinavil (une colle pour le bois, le papier, le carton, le cuir, etc.)
Au cours du séchage, des fleurs subiront un certain changement de couleur. En général, cela ne représente pas vraiment d'inconvénients pour l'herbier, par contre d'autres fleurs subiront un changement de couleur plus important en particulier celles aux pétales violets, bleus ou rouges. Pour prévenir le problème, il est essentiel de réaliser l'étape de dessiccation rapidement avec de nombreux changements de papier. Une méthode consiste à mettre la plante à sécher en contact avec des feuilles à l'acide salicylique (ces feuilles sont imbibées préalablement d'une solution d'acide salicylique à 1 %). L'immersion des fleurs dans du pétrole (l'équivalent américain : la gazoline) est une autre méthode, ensuite elles doivent être séchées à l'air et en dernier lieu traitées avec les feuilles de papier comme les autres fleurs.
Certaines plantes ont des fleurs plutôt charnues (orchidées, iris, lis etc.) qui doivent être remplies de ouate avant de passer au séchage. À chaque changement de papier, la ouate devrait également être remplacée. Les parties peuvent être séchées séparément et les fleurs peuvent être assemblées par la suite grâce à de la gomme arabique. Si les fleurs semblent vouloir adhérer au fichier ou se briser lorsqu'elles sont manipulées tu peux les détacher et les sécher séparément en utilisant du papier mouchoir ou du papier hygiénique non absorbant et ouvrir le fichier que lorsque les fleurs seront parfaitement sèches.


LE MONTAGE DES ÉCHANTILLONS SUR PAPIER SUPPORT

Une fois que les échantillons seront secs, ils seront alors disposés sur une feuille de papier support. Ainsi, tu afficheras les échantillons et leurs données le plus clairement possible et tu conserveras précieusement les échantillons fixés à une feuille de montage rigide.


LA DISPOSITION

Il est très important que les plantes soient montées de façon à ce que tu puisses voir rapidement toutes les principales caractéristiques de cette espèce en particulier, à tout du moins si tu désires un herbier à vocation scientifique, alors, ne t'attarde pas seulement au côté esthétique du montage des échantillons. C'est pour cette raison que tu devras disposer avec attention les échantillons séchés qui sont bien représentatifs des caractéristiques de l’espèce, en gardant en tête qu'une plante séchée peut s’effriter facilement si elle est mal manipulée (il est recommandé de les disposer de la façon voulue avant de les mettre sous la presse). La meilleure manière de disposer les plantes sur les feuilles de montage consiste à les aligner avec le côté droit de la page (ou encore en diagonale si plus d'espace est nécessaire) et de laisser les éléments et les échantillons les plus lourds dans la partie inférieure du ballot (voir Figure 5). Les échantillons les plus longs peuvent, quant à eux être pliés si cela peut éviter de couper la tige en morceaux. Il est préférable de laisser un espace libre sur les marges des feuilles de montage. Par contre, tu peux soit disposer tes échantillons (avec les étiquettes et les enveloppes contenant les petites parties) d'une manière uniforme de page en page, ou encore en les échelonnant en diverses positions sur chaque feuille, de façon à ce que les groupes de feuilles reçoivent une pression plus uniforme.

 

LE PAPIER

Le meilleur support permanent est du papier blanc constitué au 100% de pâte de chiffon ou de pâte de bois. Le format du papier de montage peut varier entre 42 x 26 cm et 45 x 30 cm, même si tu auras besoin de plus grandes feuilles pour les échantillons plus volumineux. Il n'en revient qu'à la décision du collectionneur de choisir le format le plus approprié puisque cela dépend aussi du boîtier ou du petit meuble qui contiendra le ballot de plantes.
Les échantillons plus fragiles déjà montés peuvent être recouverts d'une feuille de papier protectrice transparente qui doit être solide et facile à plier. Ce papier peut aussi être utilisé pour recouvrir seulement une partie des plantes comme les délicats pétales (Figure 6).


LES PETITES ENVELOPPES

De petites enveloppes de papier peuvent contenir des parties spécifiques (ex. graines) ou des plantes de petite taille. Lorsque ces enveloppes sont pliées et collées à la feuille, il devrait être possible de les ouvrir à plat et de les fermer sans attache, tout en conservant efficacement leur contenu (Figure7).

 

LE MONTAGE

Il existe différentes façons de mettre en place les échantillons sur les feuilles de l'herbier:
· Avec des fils : cette méthode te permettra de retirer et d'examiner l’échantillon chaque fois que tu en auras besoin. Par contre, les plantes auront du jeu ce qui peut entraîner certains inconvénients. Les échantillons peuvent être attachés avec un fil de lin ou de coton qui sera noué sur le côté inverse de la feuille de montage, où il sera préférable d'ajouter du papier gommé pour éviter le contact avec les échantillons d'en dessous (Figure 8). On peut aussi avoir recourt à du ruban de papier de lin gommé, comme celui utilisé par les relieurs. Il doit être placé là où les échantillons sont les plus solides tout en évitant de recouvrir les parties délicates comme les fleurs.

· Avec de la colle: si tu choisis de la colle pour le montage des échantillons, essaie de la colle de menuisier à base d'eau ou de la colle à base de latex, qui doivent être appliquées rapidement, en prenant soin de ne pas en mettre en trop grande quantité. Tu peux utiliser un pinceau ou un embout applicateur ou encore mettre l’échantillon (particulièrement s’il est de petite taille) directement en contact avec une assiette pleine de colle et ensuite le coller à la feuille. Il faut prendre garde de ne pas détacher des fragments de la plante et de ne pas tacher l’échantillon en cours de procédé. L’échantillon collé devra être mis sous une certaine pression pendant toute une nuit en prenant soin de couvrir chaque feuille de papier ciré et avec le papier pour le séchage. En ce qui concerne les plantes aquatiques, la colle à base de latex s'avère la seule efficace pour coller les échantillons puisque ces plantes absorbent l'eau de la colle.

· Avec des épingles: certains herbiers sont montés en utilisant de petites languettes de papier qui fixent la plante à la feuille grâce à des épingles. La bande est placée sur la tige (ou sur une autre partie importante de l'échantillon) et les épingles relient ensemble la feuille de montage, la tige et la bande en passant sous l’échantillon (Fig 9). De la même manière que la méthode avec les fils, celle-ci permet une grande liberté de mouvement pour des observations plus détaillées.
· Avec…rien du tout : certaines collections ont été montées en laissant les échantillons complètement détachés sur les feuilles de support, évitant ainsi de les attacher ou de les coller. Tu peux faire de même, en prenant garde à chaque fois que tu les manipules. De plus, tu déposeras les ballots dans des boîtes où ils ne risqueront pas de bouger.

LES ÉTIQUETTES

Chaque échantillon doit avoir une étiquette sur sa propre feuille de montage, qui devrait comporter la dénomination taxonomique (au moins la famille, le genre et l'espèce) ainsi que les renseignements en ce qui concerne la date et le lieu de la récolte. Si tu le désires, plus de détails peuvent être ajoutés, comme des notes écologiques au sujet du lieu de récolte. Le nom du collectionneur et de celui qui a fait l'identification doivent également y être ajouté. Pour plus de renseignements, en ce qui a trait à ce qui peut être écrit sur une étiquette réfère-toi à la partie: "Prise de données". Il est préférable d'écrire les étiquettes avec un stylo à encre permanente et résistante à l'eau (noire ou bleue) ou encore tu peux utiliser un crayon (mine médium).

L'ORGANISATION DE L'HERBIER

Une fois les échantillons montés, ils seront placés en ballots, attachés à l'aide de cordes ou de courroies. D'autres parts, il est préférable de prévoir un support de carton ou de carton enroulé aux extrémités supérieures et inférieures des ballots afin d'assurer une plus grande stabilité (Figure10). Chaque ballot doit avoir sa propre étiquette de façon à ce que tu puisses reconnaître d'un seul coup d'oeil le contenu de chaque groupe d'échantillons. Les étiquettes doivent être faciles à lire et déposées sur la partie extérieure du ballot. Selon le nombre de plantes dans chaque ballot et selon les critères choisis lorsque tu regrouperas les plantes entre elles, tu noteras la provenance géographique et le niveau taxonomique (famille, genre, etc..) ou peu importe ce qui identifie un ballot en particulier.

Ton herbier doit être disposé d’une certaine façon qui assurera un ordre logique et scientifique à la collection. Encore une fois, tu peux te référer à des livres pour trouver comment les espèces, les familles et ainsi de suite sont répertoriées de nos jours. Ensuite, tu peux diviser tes échantillons en groupes qui refléteront un arrangement systématique. Prends note que tu peux suivre différents arrangements systématiques, il n'en tient qu'à toi de choisir un modèle récent (ou peut-être simple), tu peux te renseigner auprès d'experts en la matière pour plus de détails. Tu peux aussi choisir de regrouper les échantillons en ordre alphabétique selon leurs familles (ou même selon les genres), ou alors de les regrouper géographiquement.
Les ballots devront alors être remisés dans des boîtes ou dans un petit meuble qui se ferment hermétiquement tout en protégeant les échantillons de la poussière. Les meilleurs endroits que tu choisiras pour ton herbier seront sécuritaires, sans risque d'incendie, d'inondation ou d'autres incidents. La température sera maintenue autour de 20 C et le taux d'humidité de dépassera pas les 60%, afin d'éviter les infections fongiques. Aussi, une ventilation adéquate est requise, en particulier si l'herbier contient une forte concentration d'insecticide ou de fongicide. Une pièce sèche est le meilleur endroit pour éviter la prolifération d’insectes et les conséquences en découlant. Le naphtalène et le paradichlorobenzène (PDB) sont des substances chimiques répulsives utilisées couramment pour prévenir les infestations, par contre elles sont vraiment efficaces qu'à de fortes concentrations ce qui augmente les risques d'atteinte à la santé humaine. D'autres produits qui ont été utilisés pour de grands herbiers sont le chlorure de mercure, le crésol et le LPCP, mais ils sont tout aussi compliquer à utiliser et ils peuvent également porter atteinte à la santé humaine.


LA RÉCOLTE DE D'AUTRES GROUPES DE PLANTES

Il est également possible de créer un herbier avec des fougères ou d’autres plantes non vasculaires comme les lichens et les champignons. Voici une brève description des principaux éléments à connaître à propos de ce type particulier d’herbier.


LES PTERIDOPHYTES

Les fougères et les plantes apparentées font partie du groupe des Ptéridophytes; parmi celles-ci on retrouve certaines espèces qui sont fort bien connues comme celles des genres Lycopodium et Equisetum. De façon générale, les Ptéridophytes ont des organes photosynthétiques nommés frondes qui ressemblent aux feuilles des plantes vasculaires. La plupart des spores des fougères se retrouvent dans des sporanges situés habituellement sur le rebord ou en dessous des frondes. Il s'agit là d'un détail important puisque ces plantes doivent être récoltées lorsqu'elles sont fertiles sinon il est impossible de les identifier. Comme tu pourras le voir dans les livres de botaniques bien détaillés, chez bien des plantes apparentées les spores sont disposées ou regroupées de différentes façons.
Si tu es intéressé à collectionner ce type de plantes, prévois une loupe grossissante x10 pour repérer la présence des sporanges. Aussi, pour bien identifier la plante il est suggéré de récolter une partie du rhizome pour en observer des éléments caractéristiques sur leur surface ainsi que l'allure qu'il donne aux plantes. Certaines fougères de plus petite taille sont quelques fois pourvues de longs rhizomes qui forment un tapis avec d'autres espèces, il s'agit donc de bien les distinguer. En ce qui concerne les fougères de plus grande taille, il est important de récolter et de faire sécher toutes les parties significatives, même si certaines seront coupées en morceaux. Prends en note ou encore fait un dessin des détails qui ne seront pas visibles sur l'échantillon récolté.


LES BRYOPHYTES

Ces petites plantes non vasculaires comprennent les mousses (bryophytes), les hépatiques (hepaticophytes) et les anthocérotes (anthocerophytes). Leurs cycles de vie comporte un long cycle végétatif (dit gamétophyte qui se caractérise par une reproduction sexuée) et d’un court cycle sous la forme de sporophyte où elles se reproduisent par des spores. Il est préférable de les recueillir dans des enveloppes de papier et d’éviter le polythène (plastique), puisqu’elles peuvent mal réagir avec l’humidité. Pour trouver des espèces intéressantes il est important de regarder dans des habitats particuliers comme sur du roc, des troncs, la terre et sur d’autres plantes. Souviens-toi d’apporter avec toi une loupe. Lors du séchage, qui doit commencer au plus tôt, tu dois prendre garde de ne pas surchauffer tes échantillons si tu utilises la chaleur pour faire sécher tes échantillons.


LES CHAMPIGNONS ET LES LICHENS

Il est préférable de déposé les champignons récoltés dans un panier et de les séparer les uns des autres par du papier. Seuls les échantillons frais et en bon état devraient être récoltés. Aussi, si possible, il est bon de prendre plusieurs échantillons de la même espèce qui présentent différents stades de développement. D'ailleurs, regarde bien avant de cueillir un champignon afin de repérer la présence de parties souterraines (récolte-les aussi). Souviens-toi de prendre des notes sur l’habitat et dans le cas des champignons parasitaires, décris bien l'endroit où il pousse. D'autant plus que certaines caractéristiques pertinentes peuvent changer après la récolte, alors observe bien s'il y a des changements de couleur et note la présence de latex, la consistance, l'odeur et ainsi de suite.
L'empreinte des spores est un autre élément intéressant à ajouter à ta collection. Elle est obtenue en laissant l'hyménium de l’échantillon reposé pour toute une nuit sur une feuille de papier blanc. Par la suite, tu dois rapidement procéder au séchage en conservant l’échantillon à 40 C tout en évitant les températures plus basses et l'humidité. Les champignons de plus grande taille devraient être sectionnés en deux ou trois parties pour en assurer le séchage. Avant de mettre les champignons dans l'herbier il est préférable de les mettre dans le congélateur pour deux jours pour tuer les insectes et les oeufs. Si les échantillons ne sont pas particulièrement fragiles, ils peuvent être conservés dans des enveloppes de papiers (18 x 12 cm ou moins) avec leur description collée aux feuilles de support de l'herbier. Quant aux espèces les plus délicates, comme c'est le cas de bien des champignons, elles seront placées dans de petites boîtes de carton (apprx. 7.5 x 4.5 x 1 cm) et ajoutées au ballot. Les lichens ne devraient pas être pressés et une fois secs ils doivent être placés dans le ballot sur des feuilles avec leur descriptions.


LES COLLECTIONS SPÉCIALES

La conservation de plantes dans un milieu liquide (ou de leurs parties) permet de préserver l’aspect tridimensionnel naturel de l’échantillon, c’est pourquoi différentes techniques ont été mises au point pour les préserver dans l'alcool. Ainsi, les orchidées ou les plantes succulentes se conservent dans l'alcool plutôt que sur une feuille de montage. Divers agents de conservation peuvent être formés à base d’alcool, de formol ou d’autres composantes dont la manipulation peut être dangereuse. L’agent de conservation Kew est un mélange de 53% d'alcools (par ex: éthanol + 2-4% méthanol + 9% d’eau) , 37% d’eau, 5% de solution à base de formol (dans l’eau) et 5% de glycérol. Les pots de verres pour la collection spéciale varient entre 70 à 3000 cc et ils doivent être munis d’une large ouverture.


L'ORIGINE DES HERBIERS

Le botaniste qui a été associé à l'invention du premier herbier est Luca Ghini (1490-1556) de Bologne, en Italie. Enseignant bien connu, il possédait une collection de près de 300 échantillons (en 1551) qui étaient gommés à du papier. De nos jours, on connaît fort peu de cet herbier, qui a depuis été perdu. En revanche l'herbier de son élève Gherado Cibo existe encore à Rome.
Par la suite, on retrouve plusieurs références à un herbier conçu par John Falconer, un anglais qui a probablement connu Ghini en Italie. Au milieu du sixième siècle, trois étudiants de Ghini, Aldrovandi et Cesalpino de l'Italie et Turner d'Angleterre, ont également monté leur propre herbier. L'herbier de Cesalpino, qui se trouve de nos jours à Firenze, est très important puisqu'il peut être comparé à son livre "De Plantis Libri XVI". De plus, il a introduit une approche scientifique à l'étude de la classification des plantes. Dans différentes villes européennes, il existe plus de vingt herbiers créés avant 1600. La première publication enregistrée en ce qui a trait au montage d'un herbier date de 1606, et a été écrite par le bruxellois Adian Spieghel. Dans le traité botanique d' "Isagoges", on peut lire comment sécher les plantes sous une presse et quel sorte de papier utiliser avec d'autres renseignements pertinents. D'autres parts, la première fois que le terme "herbier" à été utilisé dans le même sens que nous l’attendons c’est dans le livre "Elements" de Pitton de Tournefort. Au cours du dix-septième siècle d'autres herbiers ont été créée tel que celui du Musée national d'histoire naturelle de Paris. À la suite des nombreuses explorations géographiques de l'époque, de multiples collections de plantes exotiques ont vu le jour. Certains de ces herbiers exotiques ont permis un avancement important de la connaissance scientifique de certaines régions comme celles de d’Asie et d’Afrique et existent encore dans des musées européens.


LES RÉFÉRENCES

Bien que cet article soit suffisant pour une collection privée, tu trouveras dans des livres de référence des renseignements pour débuter et pour construire ton herbier. Par contre, si tu veux en savoir plus sur des sujets en particulier ou si tu désires monter un grand herbier scientifique, qui devrait inclure des plantes en provenance de régions éloignées, tu es encouragé à t'informer auprès des employés ou des botanistes de ton herbier local (ou musée d'histoire naturelle) et de consulter des ouvrages dans les bibliothèques d'universités et dans les magasins de livres scientifiques. À propos de l'identification des plantes et de leur classification, tu peux aussi consulter les botanistes et les libraires pour connaître quels sont les meilleurs manuels en fonction de la région géographique qui t'intéresse. Voici une courte liste de références qui pourrait t'être utile (en particulier le premier):

· Forman L. & Bridson D. (1989). "The Herbarium Handbook" RoyalBotanic Gardens, Kew
· Franks J.W. (1965) "A Guide to Herbarium Practice" Handbook For Museum Curators, Museum Association, London
· Holmgren P.K., Keuken W., Shofield E.K. (1981) "Index Herbariorum, Part I. The Herbaria of the World" 7th Ed Regnum Veg., 106
· Womersley J.S. ( 1981) "Plant Collecting and Herbarium Development" Fao Plant Production and Protection Paper, 33, Xi, Rome

Sincères remerciements au Dr. Morsetti de l’Herbier de Bologne.


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