A la table de matières de Fun Science Gallery

 

JOUETS D'AUTREFOIS

Armando Borelli – collectionneur et réalisateur des jouets
Massimo Borelli - dessinateur
Anna Busacchi – texte descriptif des jouets, octobre 1997
Caroline Varin - Traduction en français
Giorgio Carboni – Mise en ligne Février 2009

 

SOMMAIRE

INTRODUCTION
LES BOBINES
LE TRAMWAY
LE BATEAU A MOTEUR
LES CHARIOTS
LA BICYCLETTE
LA VOITURE
LE LANCE PIERRES
LA SARBACANE
LE FOUET AVEC UN BOUTON
LE FOUET A PROPULSEUR
LE TELEPHONE
LA MITRAILLEUSE
LES CAPSULES OU LA MARELLE
LES BILLES
BIBLIOGRAPHIE


INTRODUCTION

Dans de nombreux pays, les parents ne peuvent acheter de jouets du fait que leur prix sont trop élevés. Les enfants apprennent alors à les fabriquer eux mêmes. En Italie jusqu'aux années 60 ces jouets artisanaux étaient très répandus. Puis, avec l’augmentation croissante du confort de vie les parents ont pu acheter des jouets dans les magasins. Ces jouets ont aussi été victime de l’augmentation de la circulation dans les rues, et de l’insécurité qui y règne –rares sont les enfants qui jouent seuls dans la rue aujourd’hui. Tout ceci a conduit progressivement à la disparition de jouets d’une autre époque. Et aujourd’hui rares sont les enfants qui connaissent l’existence de ces jeux.

Armando Borelli cependant se souvient encore des jouets qu’il a réalisé étant enfant. Il participe à des festivals de village, amenant son étalage remplie de jouets d’autrefois, qu’il a lui-même confectionnés. Aujourd’hui encore, vous pouvez le voir entouré d’enfants ravis lorsqu’il montre le fonctionnement de ses jouets artisanaux. C’est de cette manière que de nombreux adultes ont connu Mr. Borelli et ont étés enchantés par ses jouets. Parfois, ils reconnaissaient le même jouet que celui avec lequel ils avaient joué étant enfant.

Mais pourquoi parler de jouets dans une rubrique scientifique ? Parce que souvent ils utilisent des principes de base de la physique. Ils reposent sur des mécanismes simples et doivent être faits à la main. Ils ont une grande valeur didactique. De plus les enfants sont en général très motivés dès qu’il s’agit de construire des jouets, ils apprennent rapidement de nombreuses techniques et comme utiliser de nombreux outils.

Ces jouets ont aussi d’autres avantages. Pour les enfants qui vont à l’école, le divertissement et la détente restent importants. Pour ces enfants, ces jouets peuvent être une façon de s'amuser tout en les aidant à trouver des occupations et des copains pour jouer. L’intérêt de ces jouets est d’autant plus important que le matériel nécessaire à leur fabrication ne coûte presque rien. C’est leur simplicité qui laisse un grand champ d’action à l’imagination, et ce n’est pas ce qui manque aux enfants! A contrario, les jouets modernes font tout, tout seuls laissant à l’enfant le rôle passif de spectateur.

De part leurs obligations éducationnelles, les parents ont souvent des relations conflictuelles avec leurs enfants. Ces jouets donnent aux parents, comme aux enseignants, l’opportunité de se plonger dans le monde des enfants ou des élèves de manière à échanger et communiquer avec eux de façon plus agréable… en jouant !

En les faisant construire par leurs enfants, les professeurs peuvent aussi utiliser ces jouets comme un moyen pour augmenter leur habileté technique, expliquant par la même occasion les mécanismes de fonctionnement de l’objet, et les principes de physique sur lesquels reposent ces mécanismes. Puis en niveau supérieur, ils peuvent conduire à des recherches dirigées, décrivant les jouets et les jeux d'équipe qui sont organisés dans notre voisinage ; il est aussi possible de comparer les variantes existantes dans les différentes zones géographiques, tant d’un point de vue des règles, que sur le plan des technologies employées, ce qui donne à ce travail une dimension anthropologique.

Parler des jouets me donne l’opportunité d’évoquer les jeux en équipe ou en groupe. Il s'agit de jeux comme le cache-cache, le chat, etc… auxquels jouent des groupes d’enfants. Ces jeux de groupe aident les enfants à grandir. Pendant ces jeux, les enfants développent leur sens des relations envers les autres et lient des amitiés. D’un autre coté, un enfant qui grandit devant la télé ne s'amuse certainement pas davantage et, en tant qu’adulte aura sûrement des problèmes à communiquer avec ses semblables. Le jeu, aussi bien avec les jouets qu’avec le groupe, a une grande importance dans l’éducation des jeunes enfants. Dans notre société qui essaye de plus en plus d’organiser chacune de nos journées et juge bon que nos enfants sacrifient tout à la compétition, peut-être est il nécessaire de reconnaître la valeur du jeu au côté de celle attribuée aux études.

Comme je l’ai dit auparavant, pas seulement les enfants mais aussi les adultes sont ravis de voir les jouets de Mr Borelli dans un festival de village. Même Anna Busacchi, une enseignante du secondaire à Bologne, fut impressionnée par ces simples jouets artisanaux. Elle pensa qu’il serait utile de les répertorier dans un livre de manière à garder leur souvenir. C’est ainsi que naquit le livre référencé dans la bibliographie. Le texte est d’Anna, les dessins du fils de Borelli, Massimo, et bien sur les jouets décrits sont ceux réalisés par Armando Borelli. Cet article de Fun Science Gllery montre seulement certains de ces jouets du livre, et de ce fait, seulement une partie du texte et des illustrations. J'aimerais remercier tous ceux qui ont contribué à ce travail, particulièrement Mr Borelli pour la collecte et la restauration de ces jouets. J'aimerais également remercier l’éditeur Cappelli de Bologne (Italie) pour son aimable autorisation d’utiliser ce livre pour les internautes. (Giorgio Carboni)


BOBINES

Le fil à coudre est normalement vendu en bobines. Un trou en leur milieu permet de les fixer sur les machines à coudre. Une fois, ces bobines étaient en bois et avaient la forme de cylindres avec des bords évasés pour garder le fil en place (figures de 1 à 4). Une fois, dans chaque maison il y avait des couturières et on trouvait ces bobines partout. Du fait qu’elles étaient réutilisables, on ne les jetait pas. Les enfants de cette époque se souviennent de ces bobines parce qu’ils pouvaient faire de nombreux jouets avec. Ces enfants avaient une créativité remarquable quand il s’agissait de trouver une solution technique. Dans les contrées Italiennes, les petites astuces qui permettaient de transformer magnifiquement ces petites bobines en quelque chose d’encore plus spectaculaire (toupies, bicyclettes, tracteurs, etc.…) se transmettaient de génération en génération.
Le tracteur est un grand classique parmi eux, et a attiré particulièrement mon attention (figure 1). C’est un engin auto propulsé qu’un enfant avec beaucoup d’imagination peut voir comme un tracteur ou un tank suivant son penchant, mais la technique de construction reste la même.

Instructions techniques:
Vous avez besoin d’une bobine au moins, un morceau de cire ou de savon, un petit clou (pas indispensable), deux allumettes ou deux petites brindilles sèches, une longue (environ deux fois le diamètre de la bobine) et l’autre courte. Faites de petits crans sur les bords de la bobine avec un couteau de poche (figure 2) imitant les roues d’un tracteur. En utilisant le morceau de cire ou de savon, préparez un petit cylindre percé qui fonctionnera comme un embrayage. Evidemment, la cire doit être travaillée quand elle est chaude, alors que le morceau de savon demandera un travail délicat puisqu’il peut se briser facilement.

Maintenant assemblez le tracteur. Insérez un élastique en caoutchouc dans le trou de la bobine et arrêtez-le en place avec une allumette ou une petite brindille, qui est maintenue par une petite rainure ou un clou. De l’autre coté, placez l’embrayage et l’allumette la plus longue.

Votre engin est prêt à fonctionner: faites tourner la grande brindille (figure 3) de manière à ce que l'élastique s’enroule sur elle-même. De cette manière, vous chargez le tracteur qui par l’embrayage ira relâcher doucement l’énergie accumulée. La longue brindille, en tapant sur le sol, permettra au tracteur d’avancer. Vous le verrez bouger lentement, monter sur des petites pentes et descendre. Vous pouvez aussi rajouter d'autres bobines au modèle de base qui bougeront par d'ingénieux systèmes d'engrenages (figure 4).


LE TRAMWAY

Un autre exemple d’idée appliquée à la locomotion qui utilise des matériaux peu sophistiqués et naturels c’est de construire une voiture qui avance par elle-même. Nous l’appellerons « tramway » à cause du long fil qui est fixée sur sa tige (figure 5). En effet, la construction de ce jouet a peut être précédente à l’introduction de ce genre de véhicule dans nos villes. L’idée est peut être plus venue du plaisir de l’expérimentation mécanique que de l’imitation. Cependant il n’est pas dit que l’origine provienne de nos villes. L’inventivité et la créativité qui entourent ce petit objet peuvent être mesurées par l’effet d’émerveillement qui se produit sur quiconque observe ou participe directement à sa construction.

Instructions techniques:
vous avez besoin:
- quatre roues (vous pouvez les découper d'un même tronc)
- une petite planche pour le châssis du véhicule
- un bloc coupé en deux pour la partie avant dans lequel un trou aura été percé pour la tige (figure 6)
- une tige en bambou ou une petite branche en bois de châtaignier
- un rondin pour l’axe des roues motrices
- un peu de fil de fer
- quelques clous
- une petite corde

Les roues motrices seront fixées sur leur axe avec des clous de manière à ce qu’elles soient jointées correctement et bougent ensemble (figure 7). Au centre du même axe faites une rainure avec un couteau pour y enrouler et tendre la corde, alors que deux morceaux de fil de fer fixeront l’axe des roues motrices sur le châssis, permettant ainsi aux roues de tourner (figure 7). Attachez les roues avant avec des clous, de manière à ce qu’elles puissent tourner librement. Finalement insérez la canne dans son trou, tendez la corde en l'enroulant autour de l’axe moteur. Selon la longueur et l'élasticité de la canne, la corde va restituer plus ou moins de puissance et va mettre le tramway en mouvement.


LE BATEAU A MOTEUR

Ce véhicule aquatique (figure 8) est plus simple que les précédents. Il peut être considéré comme un bateau à moteur si vous attachez de l’importance à la vitesse, ou comme un bateau si vous concentrez plutôt votre attention sur le mouvement de la roue à palettes. En fait, c’est un petit jouet que les enfants utilisaient pour se confronter à un élément, l’eau, qui réserve souvent des surprises.

Instructions techniques:
vous avez besoin d’un morceau de contreplaqué ou d’une fine planche de bois, une scie à chantourner et des élastiques (figure 9).
Après avoir tracé les contours extérieurs sur le contre plaqué, découpez les pièces en utilisant la scie à chantourner. Pour une meilleure stabilité du bateau, placez une quille (centrée) sous cette planche. Une ou plusieurs élastiques tendues entre les encoches de la coque fonctionneront comme un moteur qui mettra la roue à palettes en rotation. Enroulez l'élastique en tournant les palettes, placez le bateau dans l’eau et laissez le aller.


CHARIOTS

L’idée de transporter ou de se faire transporter naît spontanément en chaque enfant. Pour assouvir ce désir il est naturel d'imiter ce que les adultes utilisent. Certainement, les enfants ont joué, de tout temps et en tout lieu, avec des chariots (ou karts) et des brouettes construites approximativement comme celles de leurs parents. Une histoire non répertoriée de l’imitation par les enfants évolue en parallèle de la grande histoire des moyens de locomotion. Nous vous proposons deux exemples de ces véhicules comme un petit témoignage de la différence qui peut exister entre les villes et les villages.

Le chariot de campagne

Nous allons décrire le modèle de kart de campagne qui était construit avant la seconde guerre mondiale par le fils des fermiers des collines de Bologne (figure 10 et 11). La conception et la construction de ce chariot demande une habileté telle que seuls les enfants les plus âgés, sinon les adultes, peuvent entreprendre avec succès.

 

Alors, ce véhicule pouvait s’utiliser aussi bien pour aider au travail que pour jouer, charriant des rondins ou des petites charges. Le monde des adultes n’était pas très séparé de celui des enfants et cela pouvait être l’ occasion d’apprendre à travailler. Mais par dessus tout, ce véhicule était la machine idéale pour se hisser sur une colline et redescendre rapidement en faisant la course même sur des mauvaises routes de campagne.

Instructions techniques:
Suivant la figure 12, vous avez besoin de :
- une fourche faite de bois fort et résistant, taillée à la bonne dimension pour faire le châssis
- un bloc parfaitement circulaire pour découper deux jeux de roues: les deux de devant sont plus petites
- des planchettes
- deux branches résistantes
- un peu de ruban, des clous, des chevilles de bois, des charnières et quelques bouts de ferraille.

Choisissez deux branches résistantes pour être utilisées comme axe pour les deux jeux de roues, fixez les avec soin peut être avec une cheville en bois ou en métal. Un peu de graisse de porc récupérée pourra vous servir de lubrifiant pour faciliter le mouvement des roues. Maintenant placez la fourche sur les axes, en cherchant la meilleure place pour l’attacher (les plus grosses roues du coté de la fourche). Vous serez en mesure de diriger le kart en fixant l’axe avant à la fourche par le biais d’un pivot.

Tout ce qui reste c’est mettre la touche finale:
- quelques planches de bois placées sur la fourche pour faire un siège
- une corde fixée aux extrémités de l’axe principal pour assurer la direction (droite ou gauche)
- un endroit pour poser ses pieds qui assure la stabilité du conducteur
- des décorations suivant le goût du fabriquant.

Le chariot de ville

Les enfants des villes, qui évoluent dans un environnement totalement différent d'un point de vue technique et ce surtout après la guerre, pouvaient se procurer quantité de rebuts comme les roulements à billes. des rebuts de matériels plus élaborés et la praticité des routes en asphalte pas encore engorgées par les voitures ont permis l'évolution du kart de campagne en un véhicule plus rapide, que l'on pouvait trouver dans toutes les cours des maisons de ville.

 

Instructions techniques
Vous avez besoin:
- 4 roulements à bille
- des planches, des branches ou d'autres pièces en bois
- des clous, des vis, des cordes, des chevilles etc.
La construction n'est pas très différente de celle d'un kart de campagne: les roues sont remplacées par les roulements à billes et la fourche disparaît. Le résultat est un véhicule minimaliste, adapté aux courses insouciantes le long des pentes. Pour les karts de villes également, il existe de nombreuses variantes (avec ou sans guidon de direction, avec un ou deux sièges, avec ou sans dossier, etc. ...).


LA BICYCLETTE

La nous avons une autre application des éclectiques bobines : la création d’une bicyclette très improbable qui nous ramène à l'époque où avoir un vrai vélo était un luxe réservé à peu d'enfants. Quand l'enthousiasme pour Binda et Guerra (deux coureurs cycliste des années 30) puis pour Coppi et Bartali (deux coureurs cyclistes des années 50) divisait les âmes, là encore, avec un peu d'ingéniosité et un peu d'imagination, tout le monde pouvait participer à l'excitation générale, créant un substitut amusant, bien qu'absolument pas compétitif, d'une vrai bicyclette.

Instructions techniques:
vous avez besoin d’une bobine, du fil de fer, et un morceau de corde. Passez le fil de fer dans le trou de la bobine puis donnez lui la forme d’un guidon de bicyclette. Les cordes doivent être de la même longueur que celle des jambes de l’enfant et doivent se terminer par deux boucles (réalisées en nouant la corde) dans lesquelles les pieds vont se placer jouant ainsi le rôle des pédales (figure 14).


LA VOITURE

Cet objet est naît de la rencontre entre l’imagination des gamins et celle d’un produit industriel très répandu depuis plus d’un siècle: le fil de fer. Le fil de fer était très répandu, même dans les campagnes, où il était largement utilisé en agriculture et dans les ateliers des artisans en ville, où on pouvait le voir suspendu à un clou en écheveaux interdits aux enfants. En tant que matériel de récupération, coupé et tordu, on pouvait facilement le trouver partout. Les possibilités d’utilisations sont nombreuses. Nous avons vu beaucoup de ces utilisations dans les années trente et après la seconde guerre mondiale. Une exposition intéressante s’est tenue à Turin en 1990 montrant des objets similaires, travaillés en formes artistiques, par les enfants du Tiers Monde.

Instructions techniques :
Le fil de fer doit être épais, comme celui utilisé dans les champs pour soutenir les vignes. S’il est plus fin que cela, renforcez le en enroulant deux ou trois fils ensemble : la chose importante est de les bobiner ensemble et de faire attention à la sécurité. Commencez par une roue dont les rayons seront fixes sur son axe. Cet axe passera dans un appui (manche d’une fourche) ou simplement un bâton. Faites alors la seconde roue. À l’autre extrémité du bâton se trouve la roue de direction. Dans certaines versions, un crochet ou quelque chose d’équivalent peut permettre de maintenir les chaussures ou le cartable de l’enfant (figure 15). Bon voyage Valentin!
Les variations que l’on peut apporter sur ce véhicule peuvent être infinies:
- une version à 4 roues
- une version rouleau compresseur (en utilisant des bidons ou des boites en fer)
- Une Ferrari (avec des disques caoutchoutés), suggérées peut être par les émotions de Mille Miglia
- la voiture faite de petites boites de pilules.


LE LANCE-PIERRES

Il existe différentes appellations: pour certains c’est un lance-pierres pour d’autres un tire-boulettes ou une fronde… cela évoque tout de suite les images des gamins des rues, un peu méchants qui essayaient de frapper les nids des oiseaux ou qui visaient à la fenêtre quelques malheureuses victimes. Pour corriger ou punir ces enfants, les lance-pierres étaient souvent confisqués par les adultes. Cependant il était très facile d’en fabriquer un autre, qui contribuait grandement à augmenter la sécurité personnelle dans les petites guerres de rues.

Instructions techniques :
Vous avez besoin d’un bâton en “Y”, très résistant comme du bois de sanguinelle qui a tendance à boutonner naturellement en deux. Avec des ciseaux, coupez un bout de la chambre à air usée d’une roue de bicyclette. Attachez le petit élastique à un morceau de cuir à qui vous aurez donné une forme ovale. L’élastique doit être sécurisé aux extrémités de la fourche avec des bandes de caoutchouc, ou des cordes et le jouet est terminé (figure 16).


LA SARBACANE

Remettons à l’honneur un autre jeu très en vogue chez les enfants dans les années 50, ceux qui ont fait des fusils avec des élastiques ou des arcs avec des baleines de parasols. Nous parlons bien sur des sarbacanes, fabriquées avec de longs tubes provenant de matériel de récupération (idéalement des montants de chandelier en aluminium), elles permettaient d’envoyer de petits objets (des petites balles en papier, ou des billes en terre) et surtout des fléchettes par la simple force du souffle.

Instructions techniques :
La puissance de ce jouet réside dans sa longueur et dans son diamètre; plus long est le tube et plus petit est le diamètre et plus loin ira le projectile… une deux ou plus de tubes peuvent être juxtaposés par un système d’épingles à linge (celles de la buanderie) permettant d’y ajouter une poignée, une cartouchière ou encore un viseur (fig. 17).

Les fléchettes étaient soigneusement préparées en grandes quantités et pouvaient être tirées en rafales durant l’affrontement. La fléchette se compose d’un long cône effilé, fabriqué en enroulant des bouts de papiers autour de votre doigt, morceaux qui ont été coupés en bandes régulières, conservées dans la ceinture, prêtes à l’emploi (figure 18). Les fléchettes ainsi préparées doivent être fermées avec de la salive. Pour ce faire vous devez faire tourner la pointe entre vos lèvres.

 


LE “FOUET” AVEC UN BOUTON

C’est un jouet qui a aussi été fabriqué industriellement dans des versions plus sophistiquées. Dans la version populaire dont nous allons parler, il existe de nombreuses versions relativement simples toutes basées sur le même principe: l'on "charge" un double fil maintenu aux extrémités par les doigts et l'enrouler le sur lui même à l’aide d’un objet placé au milieu de sa longueur. Puis vous exercez une traction en écartant les bras: ce qui place le “fouet” en rotation (ce qui en pratique, le fait tourner, ou plus précisément fouetter). Ecartez vos bras et le fouet tourne dans un sens, rapprochez vos bras et le fouet tournera dans l’autre sens : il tourne à ce rythme de manière infinie, en fonction de votre habileté à le manoeuvrer. L’effet le plus spectaculaire dépend aussi de la beauté et de la complexité de cet objet rotatif. Une version particulière de ce fouet peut utiliser un bouton comme élément rotatif. Vous devez choisir un bouton large, par exemple, un bouton de manteau (figure 19).


LE FOUET A' PROPULSEUR

Il met en mouvement le propulseur par le biais d'un lanceur actionné par une corde. La charge est donnée par un câble enroulé autour de la poulie de l’objet (figure 20). Si le propulseur est bien fait, il s’envolera dans les air pour la plus grande satisfaction du pilote.

 


LE TELEPHONE

Allez savoir pourquoi ce jouet très répandu en Italie, est appelé téléphone sans fil alors qu’il se constitue juste d’une corde tendu entre deux pots. Dans la mémoire des adultes les plus âgés, ce souvenir est attaché au succès de Marconi et à la large diffusion à la radio. Essayons de ne pas oublier que déjà dans les années 30, le téléphone avait une large diffusion, même si limité aux familles les plus riches. De cela, provient le désir de posséder un instrument si mystérieux et attirant, construit avec ce qui était disponible.

Instructions techniques:
Dans le fond des deux boites de conserve, faites un petit trou, au travers duquel faites passer les extrémités du câble. Celui ci, attaché avec un noeud, ne se défera pas sous la tension nécessaire à la communication. Vous avez besoin d’un écart entre les deux boites de conserve assez grand pour être tendu dans sa totalité. Une personne placera son oreille à l’extrémité d’une des boites pendant qu’une autre personne se placera à l’autre extrémité (figure 21), pour parler dans l’autre boite. La conversation peut commencer, avec de meilleurs résultats si le câble est enduit avec de la cire ou du polissant à chaussure.


LA MITRAILLEUSE

Tout ce dont vous avez besoin, c’est un bout de bois avec une rainure au milieu pour permettre de glisser une corde nouée en boucle. Les mains d’un des deux participants doivent faire tourner le bâton (figure 22). Les mains de l’autre participant, à moitié fermées comme un coquillage, sont placées à coté de ses oreilles avec la corde passant au dessus (figure 23). L’enfant tire sur le bout de bois, tendant ainsi la corde et fait tourner le bâton. Le son produit par ce mouvement n’est pas perceptible à l’extérieur, mais il est amplifié par les mains qui forment une caisse de résonance, qui produit l’effet d’une mitrailleuse ou de n’importe quel autre objet que vous voudrez y reconnaître.

 


CAPSULES DE BOUTEILLE OU MARELLE

Les capsules des bouteilles ont vu le portrait de champion cycliste gravé à l’intérieur et on été utilisées comme des symboles de compétition dans des courses complexes dessinées avec de la craie sur les trottoirs ou dans les cours d’école. Pour faire bouger les capsules on utilisait le coup d'un doigt et le jeu consiste à suivre des étapes prédéfinies sans sortir de la piste. Evidemment la personne qui franchit la ligne d’arrivée en premier gagne.

BILLES

Celles pauvres en terre cuite ou celles superbes en verre variant par leurs dessins intérieurs d’une grande diversité de couleur, avaient une valeur en tant que monnaie d’échange ou comme instrument de jeu dans des compétitions sur des pistes de sable, ou d’autres type de course.


BIBLIOGRAPHIE

Anna Busacchi, Alla ricerca dei giochi "perduti", Cappelli Editore (Bologna, 1992)

Mots clés pour l'Internet: jouets artisanaux, jouets d'antan, jouet d'autrefois, jouets du monde, jeux en équipe, folk games.

 


Dites-nous ce que vous pensez du présent article.


A la table de matières de FSG  Au début de l'article  Télécharger l'article